L’hybride, vraie solution ou fausse bonne idée ?

Depuis quelques mois on assiste à une véritable explosion du nombre de véhicules hybrides disponibles. Rechargeables ou non on les voit fleurir chez la quasi-totalité des constructeurs, qui adaptent en un tour de main leurs modèles les plus vendus.. 

Devant un soudain regain d’intérêt, il est normal de se poser les questions sur les raisons derrière tout cela, et surtout de se demander quelle pourrait être la place de l’hybride dans une transition environnementale profonde de la mobilité.

1 / Hybride rechargeables et non rechargeable, de grosses différences.

Avant d’aller plus en profondeur sur les raisons d’un tel engouement, il convient de faire un premier point sur les différentes technologies hybrides disponibles actuellement dans nos voitures. Pour rappel un véhicule est dit « hybride » dès lors qu’il possède à la fois un moteur thermique et un moteur électrique.

Toyota Prius première génération
La Toyota Prius de première génération a marqué les débuts de l'hybride pour le grand public

L’hybride classique non rechargeable : cette technologie est la première a être arrivée sur le marché avec notamment les premières générations de Toyota Prius qui l’ont grandement popularisé. L’hybride classique est néanmoins assez limité, en effet le moteur électrique et surtout la batterie qui l’équipent sont d’une taille réduite : ce type de véhicules ne peut pas rester en mode  électrique à 100% plus de 2 ou 3 kilomètres, et cela pour une vitesse qui n’excède pas les 50 km/h. Au final on a ici une technologie électrique qui est plus présente pour améliorer les performances du moteur thermique que pour fonctionner en réelle alternative.

L’hybride rechargeable : cette évolution est un changement important pour la technologie hybride car elle la rapproche davantage du véhicule électrique mais avec quelques différences importantes. Ici on a un moteur électrique et une batterie qui sont de plus grandes capacités, il est en effet possible de rouler jusqu’à 130 km/h, ce qui est largement suffisant sur nos routes, et l’autonomie déclarée tourne aux alentour des 60 kilomètres sur une charge. Si ce chiffre vous est familier c’est que vous êtes un lecteur ou lectrice régulier·ère ! En effet 60 kilomètres d’autonomie cela correspond aux toutes premières voitures électriques modernes. En terme d’expérience de mobilité douce on se situe donc quelques 20 années en arrière.. Mais cela reste un progrès notable ! 

Il est néanmoins juste de penser qu’avec l’évolution des technologies et notamment des batteries, ces chiffres pourraient évoluer, mais au final on semble atteindre les limites de la voiture hybride, car pour ces véhicules le moteur principal reste et restera toujours le thermique, et par nature l’électrique est un complément d’appoint. Un complément qui certes, s’est grandement amélioré, mais reste contenté à son second rôle.

2/ Un choix qui n’en est pas vraiment un ?

Ces dernières années, on ne peut pas dire que les instances dirigeantes qu’elles soient européennes ou françaises auront chômé, et de nombreuses nouvelles lois et réglementations ont été mises en place avec un impact assez important sur les catalogues des différents constructeurs.

Le premier changement d’importance concerne le règlement européen encadrant les émissions de CO2 des voitures neuves. Si aujourd’hui la moyenne des émissions de CO2 des voitures vendues par les constructeurs en Europe tourne autour des 120gCO2/km, la dernière version de ce règlement impose que la moyenne ne dépasse pas les 95gCO2/km sur l’année 2020, soit une réduction demandée de plus de 20% ! En cas de non-respect, les constructeurs devront payer une amende de 95 euros par gCO2/km excédentaire multiplié par le nombre de voitures vendues, ce qui peut très vite se chiffrer assez haut..

Renault Captur Hybride
Renault suit la tendance de l'hybride sur ses modèles les plus vendus comme le Captur ou la Clio

Le deuxième facteur important est français et il s’agit de la Loi Mobilité qui a été adoptée en Novembre 2019. Cette dernière a pour premier objectif d’encourager la mobilité douce en favorisant notamment la création d’emplacement de parkings voir même de voies réservées aux voitures électriques et hybrides rechargeables, mais elle régit surtout la mise en place de Zone à Faible Émission dans les principales agglomérations françaises interdisant de manière permanente la circulation de voitures polluantes, donc le plus souvent dans les centres-villes.

On comprend donc ici que les constructeurs ayant des voitures plus polluantes risquaient de voir leurs clients se détourner d’eux de peur de ne pas pouvoir utiliser leur véhicule comme bon leur semble. 

Si pour beaucoup de marques cela n’a pas été une difficulté insurmontable, certaines ont dû s’adapter rapidement pour éviter les pénalités, et dans ce cas l’hybride rechargeable avait tout du candidat idéal ! En effet cette technologie ne demande pas de repenser complètement son véhicule de A à Z.

C’est ainsi que la technologie hybride s’est retrouvée rapidement propulsée en tête des concessions et ainsi montrer « patte verte » aux autorités européennes. On peut notamment citer BMW, qui a réussi le tour de force de proposer la quasi totalité de sa gamme en version hybride, et notamment les Série 7 et X5, souvent montrées du doigt pour leurs émissions.

Ces changements permettent à ces véhicules plus polluants de baisser rapidement leurs émission de CO2, grâce surtout à la possibilité de circuler en mode 100% électrique sur simple pression d’un bouton.

3/ Un effet d’opportunité qui a ses bons côtés. 

On l’a vu au travers de cet article, les raisons de cet engouement pour l’hybride de la part des constructeurs ont très certainement été guidés par des nécessités légales plutôt que par une véritable envie de changement. 

Mais si au final un véhicule hybride reste avant tout principalement une voiture thermique il y a de très bons côtés dans cette technologie, à commencer déjà par un effet rassurant pour beaucoup de personnes.
Le fait d’avoir un réservoir d’essence évite les craintes de la panne de batterie, qui est aujourd’hui le principal frein à l’électrique en France.

Mais le fait que la technologie utilisée soit l’hybride rechargeable permet aussi de familiariser les automobilistes avec l’électrique et notamment le fait de devoir se brancher à une borne.

Il faudra sans doute quelques années pour voir les effets concrets de cette banalisation de l’hybride, mais il y a fort à parier que pour beaucoup d’automobilistes qu’il s’agira de leur dernière voiture thermique avant de plonger à 100% dans l’électrique, une fois familiarisés avec la mobilité douce.

Retrouvez notre article sur la voiture électrique de demain !

Rejoignez les soutiens du projet bor'néo en indiquant votre adresse !

Lire un autre article

En partenariat avec

Suivez-nous sur :

Copyright 2019 Bor'néo

Site créé par PIKO PIKO

chevron-down-circle linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram