La voiture électrique, plus polluante qu'une voiture thermique ?

Si il est bien un argument que l’on peut entendre à chaque fois que l’on parle de la mobilité douce et plus particulièrement d’une voiture électrique ce serait bien celui de la question écologique des véhicules électrique, que l’on entend au détour d’une conversation sous la forme d’un  « oh tu sais, les véhicules électriques au final ce n’est vraiment pas plus écologique qu’une voiture traditionnelle, voir même plus polluant ! ».

Cet argument, se voulant comme la réponse finale au débat est pourtant sujet à de nombreuses vérités et contre-vérités qui s’invitent au fur et à mesure qu’une nouvelle étude est publiée.

Afin de faire le point sur ce qui se cache derrière toute cette histoire, nous vous proposons un tour d’horizon global et surtout sans langue de bois sur toutes ses différentes composantes. Allumez les moteurs, bouclez votre ceinture, on est parti !

La fabrication d’un véhicule :

Avant même de faire le premier kilomètre, il nous faut d’abord construire notre voiture : Pour ce qui est de sa structure générale, il n’y a pas vraiment de différences entre une voiture électrique et une thermique, comme le souligne le fait que désormais il est de plus en plus courant pour un constructeur de proposer un même modèle à la fois en diesel, essence et maintenant électrique.

Non, la vraie différence se fait autour de la motorisation. Si une voiture thermique est constituée d’un moteur en aluminium et d’un réservoir en matière plastique, c’est ici que la voiture électrique en prend pour son grade. En effet la voiture électrique à besoin d’un moteur électrique mais aussi et d’une batterie de grande taille pour pouvoir fonctionner, et c’est là que les choses ne sont pas toutes roses.. ou plutôt toutes vertes.

La fabrication à la fois des moteurs électriques mais également des batteries nécessite ce qu’on appelle des terres rares, des métaux qui comme leur nom l’indique se trouve en quantité réduite sur notre terre et nécessitent une extraction coûteuse à la fois sur le plan écologique et économique.

Parmi ces métaux rares il y en a 3 qui ont une importance capitale actuellement dans la fabrication des voitures électriques : d’un côté nous avons le lithium (que l’on retrouve principalement en Amérique du Sud) et le Cobalt (extrait en République Démocratique du Congo ou en Chine) qui sont les composants les plus importants des batteries, et de l’autre on retrouve le Néodyme (principalement issus de Chine) qui est utilisé pour la fabrication des aimants des moteurs électriques et hybrides.

L’extraction de ces métaux a aujourd’hui un impact environnemental conséquent, et si des mesures sont prises par les fabricants, elles s’avèrent aujourd’hui insuffisantes face aux pratiques discutables ayant lieu dans leurs pays de provenance. On notera que ce problème est aujourd’hui le même dès que l’on achète un smartphone, un ordinateur ou tout autre appareil électronique moderne..

Ces différences de fabrication font qu’en effet, à la sortie de l’usine, une voiture électrique possède un bilan moins écologique qu’une voiture thermique. On estime qu’en moyenne la fabrication d’une voiture électrique émet 2 fois plus de CO2 que pour son équivalent thermique.
Par contre, là où la part de la fabrication d’une voiture thermique représente en France moins de 10% de son bilan environnemental, elle monte à près de 80% pour une voiture électrique (batterie incluse). Une différence qui aura son importance au final.

L’utilisation de son véhicule au quotidien :

Si la voiture électrique perd beaucoup de points pour sa fabrication, à l’inverse pour son utilisation au quotidien c’est ici qu’elle en marque le plus.

Aujourd’hui le transport représente près de 25% des émissions de CO2 dans le monde, et les trois quart proviennent du trafic routier, très très loin devant l’avion ou le bateau. 

En France, si on prend uniquement les véhicules vendus vendus en 2019, soit des véhicules très récents et moins polluants, on obtient une moyenne d’émission de CO2 de l’ordre de 112g/km.
Ces données prennent uniquement en compte la pollution à l’utilisation, donc à la sortie du pot d’échappement. Ainsi si l’on suit le même raisonnement, une voiture électrique émet elle, 0g de CO2 au kilomètre.

Bien sûr dans la réalité les choses sont différentes et il nous faut prendre un peu plus de recul pour voir le véritable tableau.
Pour rouler, la voiture électrique à besoin donc d’énergie, et cela a bien sûr un coût environnemental : en France d’après RTE (Réseau Transport Électricité), on estime que la production d’un kWh émet en moyenne 61 g de CO2.
Une voiture électrique consomme en moyenne 12 à 15kWh aux 100km, ce qui, en prenant la partie la plus haute, et après un calcul savant nous donne en moyenne 9,15g de CO2 au kilomètre. 

Si nous ne sommes donc plus au fameux 0g de CO2, force est de constater que l’on reste encore très loin des émissions d’une voiture thermique.

Qui plus est, pour être totalement juste il nous faut appliquer le même raisonnement pour le carburant traditionnel. En effet, l’extraction, le traitement et l’acheminement du pétrole ont eux aussi un impact environnemental non-négligeable !
Pour votre bien-être nous allons vous passer toutes les étapes du calcul, mais sachez qu’en réalité une voiture thermique émet en moyenne entre 230 et 250g de CO2 au kilomètre. 

Au final on constate clairement qu’à l’usage, la voiture thermique ne peut pas tenir la comparaison avec l’électrique, surtout en France où notre production d’électricité est l’une des moins émettrices de CO2 au monde.

Finalement, aujourd’hui une voiture électrique c’est écologique ?

Comme nous l’avons vu, la question de l’écologie d’un véhicule est plus difficile à appréhender et dépend de nombreux facteurs. Pour simplifier les choses nous pouvons répondre à notre question de départ de cette manière : non, une voiture électrique n’est pas écologique, car à ce jour sa fabrication nécessite encore de nombreux matériaux dont l’extraction possède un véritable impact négatif, mais, car il y a un mais, en France une voiture électrique sera dans la plupart des cas largement moins polluante qu’une voiture thermique.



On estime aujourd’hui qu’un véhicule électrique devient moins polluant que son équivalent thermique à partir de seulement 23.000 kilomètres, sachant qu’en moyenne un véhicule parcourt 13.000 kilomètres par an, en deux ans à peine l’électrique rattrape son retard initial.

Si nous espérons que ce bilan actuel de l’impact de la voiture électrique vous aura plu, nous avons volontairement laissé de côté de nombreux développements en cours qui risquent de fortement changer la donne dans les années à venir, cela fera l’objet d’un prochain article.

Une chose est sûre, si la voiture électrique aura mis du temps à émerger, elle n’est pas prête d’arrêter de nous surprendre..

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